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Qu’est-ce qu’un diacre ?


Si l'on regarde uniquement ce que fait concrètement un diacre, on pourrait se dire qu'il ne sert "à rien" : un prêtre, et parfois même un laïc, peut remplir les mêmes fonctions. Mais c'est là tout l'enjeu : avant d'être utile, le diacre est un signe, comme le sont les gestes d'amour, essentiels pour que la charité existe et se voie.
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Qu’est-ce qu’un diacre ?

Le mot « diacre » vient du grec diaconos, qui signifie « serviteur ». Un diacre est un homme, marié ou célibataire, qui a répondu à un appel de l’Église catholique pour devenir un signe du service.

Le diacre, signe du Christ serviteur

Si l’on regarde uniquement ce que fait concrètement un diacre, on pourrait se dire qu’il ne sert « à rien » : un prêtre, et parfois même un laïc, peut remplir les mêmes fonctions.

Mais c’est là tout l’enjeu : avant d’être utile, le diacre est un signe, comme le sont les gestes d’amour, essentiels pour que la charité existe et se voie. Le Christ lui-même invite tous ses disciples à se mettre au service les uns des autres, comme il l’a fait en lavant les pieds de ses apôtres (Jean 13, 14-15). Le service n’est donc pas réservé aux diacres, mais, par leur ordination diaconale, ceux-ci reçoivent la mission particulière de rappeler à toute l’Église qu’elle est appelée à être servante.

Le diacre est là pour aider toute la communauté à vivre le service pleinement.

Une origine qui remonte aux premiers temps de l’Église

Cette manière d’être « serviteur » au sein de l’Église ne date pas d’hier. Dès les débuts du christianisme, on trouve dans les Actes des Apôtres (chapitre 6) le récit de sept hommes choisis pour partager les tâches et mieux répondre aux besoins de la communauté. On les appelait diaconoi, c’est-à-dire « serviteurs » en grec, c’est de ce mot que vient « diacre ».

Ces sept hommes sont considérés comme les précurseurs du ministère diaconal tel qu’il existe aujourd’hui.

Une pratique ancienne, renouvelée au XXe siècle

Dans l’Église, la pratique d’ordonner au diaconat des hommes « non pas en vue du sacerdoce, mais en vue du service » est donc déjà ancienne. Cependant, celle-ci s’est perdue au fil du temps dans l’Église catholique, et il a fallu attendre le XXe siècle pour qu’elle soit renouvelée.

Ce renouvellement vient d’abord d’une recommandation : en 1964, le Concile Vatican II l’évoque dans deux textes majeurs, la constitution Lumen Gentium et le décret Ad Gentes. Puis, trois ans plus tard, en 1967, le pape Paul VI officialise ce renouveau par une lettre apostolique, Sacrum Diaconatus Ordinem.

Lumen Gentium précise par ailleurs que « la grâce sacramentelle donne aux diacres la force nécessaire pour servir le peuple de Dieu dans la triple »diaconie » de la liturgie, de la parole et de la charité, en communion avec l’évêque et son presbyterium » : en d’autres mots, cette ordination donne aux diacres la force nécessaire pour soutenir le peuple de Dieu dans trois domaines : célébrer, annoncer et servir, toujours en lien avec l’évêque et les prêtres de son diocèse.

Un membre du clergé, marié ou célibataire

Comme les évêques et les prêtres, les diacres reçoivent le sacrement de l’Ordre : ils font donc partie du clergé, et ne sont plus considérés comme des laïcs. Cependant, contrairement aux autres ordinations, l’ordination diaconale peut être donnée à un homme marié.

Ordination diaconale – futurs diacres et épouses

Selon la tradition de l’Église, l’ordination fixe ceux qui la reçoivent dans l’état de vie où ils sont. Si la grande majorité des hommes appelés au diaconat permanent sont mariés et pères de famille, certains s’engagent à ne pas se marier parce qu’ils ont entendu l’appel étant célibataires. Et ce célibat n’est pas une simple règle à respecter, c’est une vocation à part entière, qui témoigne que l’amour de Dieu peut remplir une vie. Cet engagement donne aux diacres célibataires une proximité particulière avec les personnes seules, séparées, isolées ou malades. D’autres diacres sont seuls parce qu’ils sont devenus veufs.

Diacre et prêtre : quelles différences ?

Le diacre n’est pas un « sous-prêtre », un intermédiaire entre les fidèles et les prêtres. Ce n’est pas non plus un « vicaire à temps partiel ». Son ministère est différent et complémentaire de celui du prêtre : prêtres et diacres sont collaborateurs de l’évêque et invités à collaborer et à se soutenir, au service d’une même mission pour l’Église.

Comme le prêtre, le diacre peut célébrer des baptêmes et des mariages, mais il ne remplace jamais le prêtre, et, dans sa paroisse, il agit toujours en lien avec le curé.

Une mission vécue dans la vie professionnelle

Après son ordination, le diacre permanent garde son activité professionnelle. Il n’est pas salarié de l’Église : il est bénévole, financé par son métier puis, plus tard, par sa retraite. Pour lui, le diaconat ne s’ajoute pas à sa vie professionnelle comme une activité supplémentaire : il unifie sa vie de famille, son travail et sa mission dans l’Église.

Comme tout travailleur, le diacre évolue dans un monde fait à la fois de solidarités et de tensions. Le travail est un lieu où la société se construit et peut grandir en humanité, mais aussi un lieu où se vivent des rivalités et des injustices. En envoyant des diacres dans ce monde du travail, l’Église choisit d’y être présente sous la forme du service. À travers eux, elle rappelle à tous les baptisés l’importance de servir les autres pour qu’ils grandissent en humanité, et, si possible, dans la foi, de promouvoir la justice, de défendre les plus faibles, et de prendre soin de la création.

Dans son entreprise, le diacre respecte naturellement les règles de discrétion liées à la laïcité, et n’affiche pas de signes distinctifs de son ministère. Il peut néanmoins prendre des responsabilités sociales, par exemple syndicales ou de représentation du personnel, pour rejoindre les préoccupations de ses collègues. Il arrive aussi que des collègues qui connaissent son statut lui demandent un accompagnement, par exemple pour préparer un sacrement ou traverser un deuil.

Cette attention portée aux plus fragiles dans le monde du travail fait pleinement partie de ce qu’on appelle la mission de « charité » du diacre : une manière de mettre en pratique, au cœur du quotidien, l’appel à être un ferment de l’Évangile dans le monde.

Le diacre, « ministre du seuil »

C’est pourquoi on appelle parfois le diacre « ministre du seuil » : parce qu’il a un pied dans la vie « ordinaire », quotidienne (sa famille, son travail, ses engagements) et un pied dans son ministère ordonné. Il fait le lien entre l’Église et la société, dans les deux sens.

D’une part, il rappelle à l’Église qu’il existe une vie en dehors de ses murs, et qu’elle doit rester attentive à ce que vivent les gens autour d’elle. D’autre part, par sa présence dans le monde du travail et la vie de famille, il montre que l’Église se préoccupe concrètement de la vie quotidienne des hommes et des femmes, et il invite ceux qu’il côtoie à s’intéresser au message de l’Évangile.

Les diacres dans le diocèse de Nanterre

Le diocèse de Nanterre compte environ 75 diacres permanents. La plupart sont mariés ; certains sont célibataires ou veufs. Ils ont entre 40 et 96 ans, et l’âge médian au moment de leur ordination est de 54 ans (avec un minimum de 37 ans et un maximum de 70 ans). Plus d’un tiers d’entre eux exercent encore une activité professionnelle, les autres sont à la retraite. Des diacres sont présents dans la plupart des paroisses du diocèse, même si certaines n’en ont pas encore.

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